Buts : Pirlo (40e) et Kaka (sp, 84e) pour Milan - van Buyten (78e, 90e +3) pour le Bayern
San Siro n'a jamais vraiment été un stade très accueillant envers la délégation du Bayern Munich. Avec une seule victoire pour les Allemands lors des huit dernières confrontations avec le Milan AC, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais c'est bien connu, les malédictions sont faites pour être conjurées et cette saison 2006/2007 semble bien marquer la fin de la guigne munichoise en terre transalpine. Après avoir maîtrisé le voisin interiste en phase de poules (0-2), la formation d'Ottmar Hitzfeld a joué un bien vilain tour au Milan AC, arrachant dans les ultimes secondes de la partie (2-2) un nul pas si nul que cela.
D'autant que sans van Bommel ni Kahn suspendus, le Bayern ne se présentait pas avec ses meilleures armes sur le rectangle vert de Giuseppe-Meazza. Corrigés lors du huitième de finale retour les opposant la saison dernière (4-1), les Munichois se font littéralement confisquer le cuir par leurs adversaires. Organisée autour d'une seule pointe, l'international Alberto Gilardino, la formation dirigée par Carlo Ancelotti ne tarde pas à dominer les débats. Mais le réalisme fuit les rangs rossoneri. La faute à un grand Rensing, plutôt inspiré à l'heure de remplacer Kahn au pied levé. Maldini (14e) et Gilardino (36e), toujours maladroit sur la scène européenne, font les frais de la baraka du portier allemand, ce dernier repoussant avec brio leurs têtes à bout portant.
Grandiose, Rensing quitte ses habits d'homme invincible pour redevenir un simple être ordinaire. Sa défense piégée par un centre au millimètre d'Oddo, la doublure de Kahn ne peut rien faire sur une nouvelle tentative aérienne, cette fois signée du crâne de l'inusable Pirlo (1-0, 40e). Loin de se laisser aller, le Bayern s'accroche. Les Bavarois, petit à petit, commencent à faire douter des Milanais pas toujours maîtres de leur sujet. Comme à l'heure de sa gloire passée du côté de la Canebière, l'ancien Marseillais Daniel van Buyten, sur un long coup franc de Salihamidzic, profite d'une déviation de Pizarro dans la surface pour devancer la sortie de Dida et égaliser (1-1, 78e).
Relancé, le match s'offre même un fond de polémique. Après avoir été privé d'un but de Gilardino pour une position de hors-jeu inexistante (53e), c'est au tour du Milan de bénéficier de l'aveuglement du corps arbitral. Kaka, méconnaissable ce soir sur la pelouse de San Siro, tente de déborder son compatriote Lucio dans la surface. Le Brésilien, pourtant auteur d'un tacle propre dans les pieds de son partenaire en Seleçao, est injustement sanctionné par M. Baskakov. Le meneur lombard redonne l'avantage aux siens (2-1, 84e sp). Un fait de jeu qui donnera du grain à moudre au moulin du directeur général bavarois Karl-Heinz Rumennigge avant la rencontre : "Après ce qui s'est passé l'an dernier, c'est très malheureux: l'arbitre russe nous avait été très hostile, j'espère cette fois que l'arbitrage ne jouera pas un rôle négatif" .
A défaut de voir son souhait exaucé, ce dernier peut savourer l'abnégation de ses hommes. D'un surtout. Van Buyten, encore aux avant-postes, arrache d'une volée autoritaire du pied gauche le but de l'espoir (90e+3, 2-2). Avec deux pions inscrits à l'extérieur et le retour de ses cadres au match retour, le Bayern a désormais son avenir européen entre les mains. Une donne forcément inversée pour des Milanais, sous pression et en prime privés de Gilardino, averti bêtement après son but refusé (53e), en vue du déplacement à venir à l'Allianz-Arena. Décidément, le Bayern commence à se sentir un peu comme chez lui, à San Siro.
Le Bayern est peut être revenu de San Siro sans le savoir avec son billet pour les Demi-finale.


